ou les amours adolescentes des années soixante

Une ombre silencieuse, à l'odeur de mort et au parfum salé de larmes le guidait comme une complice amoureuse, sur le sol défraîchi de cette plaine où les baraques foraines lui ouvraient leur stand pour une kermesse spectrale.

Des lampions surgissaient autour des carrousels sans lumière. La musique lui vrillait les tympans, lancinante, dans une sérénade inachevée.

Il sentit un baiser s'accrocher à ses lèvres, humide comme la rosée sur un pétale de tulipe pourpre.